*Cher lecteur en attente d’une « vraie » note de lecture (… c’est un peu ce que j’ai promis à l’ouverture, encore bien proche, de ce blog), encore un peu de patience ! *

La lecture en diagonale est mon vice.
Esprit curieux mais un peu dispersé, je suis capable de lire en diagonale tout ce qui me tombe sous la main.
C’est ainsi que cet été, j’ai lu en diagonale un hors-série de 9mois magazine, un volume relié rouge et or du Robinson Suisse et diverses notices réunies dans un grand volume de « Jeux du monde ».
[Car je ne perds jamais une occasion de m’instruire. Je connais maintenant les transformations du fœtus au cours de la grossesse, je pourrais peut-être survivre sur une île déserte (ne pas oublier, avant de quitter le navire naufragé, de prendre plusieurs poignées de grain pour faire des plantations et se souvenir que la maison dans les arbres est le summum du confort dans les contrées peuplées de bêtes), et si l’on me donne une ficelle je peux réaliser sans trucages des figures amusantes comme un canoë (dites-moi que vous vous rappelez ce jeu de fil dans la cour de récréation de notre enfance).]

Du moins, voilà ce que j’ai retenu de mes lectures vagabondes ; car qui dit lire en diagonale dit lecture incomplète, sans souci de la chronologie, lecture vaguement frustrante puisqu’on a lu et en même temps pas vraiment, pas en entier, lecture qui s’attaque surtout à la fin et au début de l’œuvre, lecture d’œuvres qu’on n’a pas vraiment envie de lire mais qui tombent sous nos yeux désoeuvrés, lecture juste « pour voir ».

Certaines librairies paisibles sont des repères de lecture en diagonale.
C’est ainsi que récemment, j’ai « lu » un joli ouvrage d’Annie Dupérey. L’actrice et écrivain m’est sympathique parce que je l’ai entendue raconter fort bien son parcours à la radio (dans une autre émission que celle dont je parlais quelques billets plus bas ; oui, sur moi, une émission de radio intimiste a des effets merveilleux et durables) mais je n’avais rien lu d’elle.
Je suis tombée sur Les Chats de hasard, une suite de son œuvre biographique Le voile noir. Les attitudes et caractères de ses chats y sont finement décrits, de l’aristochatte timorée qui entre en communion avec sa maîtresse lorsque celle-ci se met à sa table d’écrivain jusqu’au chat-esprit de la maison qui, à sa mort, la confronta à ses douloureux souvenirs familiaux et l’obligea à les affronter.
La narratrice lie très efficacement ses attachements félins aux différents épisodes de sa vie et montre le rôle de ces chats dans son évolution et son cheminement vers l'écriture.