10 septembre 2007
C’est la rentrée ! Suivons François Bégaudeau « entre les murs »…
Enseignant dans un collège du 19e arrondissement de Paris, le narrateur relate une année scolaire « entre les murs » de cet établissement, le titre n’évoquant pas une prison, mais un lieu où l’on vient un peu à contre-cœur et qui a ses propres codes. Excellente idée de lecture de rentrée, satisfaisant également à ma quête de littérature française contemporaine.
J’avais -je dois le dire- certains a priori car la littérature portant sur le monde enseignant et la vie dans la classe comporte toujours un certain nombre de lieux communs, que ce livre revisite d’ailleurs : comme « que serait un établissement scolaire sans machine à café » ou « pourquoi s’acharner sur la pauvre photocopieuse » ou encore « quelle mascarade que les conseils de classe et autres conseils d’administration ; sans parler des cours ».
Ces passages attendus ne sont pas absents du livre et c’est ce que j’ai le moins aimé, à l’image de cet échange professoral à l’aube de la prérentrée :
_ J’avais le vague espoir que tout ait brûlé.
_ Il est pas trop tard pour poser une bombe, tu me diras.
Mais le regard du narrateur se révèle vite original ; c’est celui d’un prof, mais un prof qui observe avec curiosité les deux « côtés » (profs, administration – élèves) et qui y note des comportements parallèles : même tendance à s’envoler dès que la sonnerie/l’autorisation du principal permet de quitter la salle de cours/de réunion, à prendre la parole sans la demander, mêmes vêtements à message (pour les élèves des slogans comme « Inaccessible » ou « Life style », pour Léopold le prof gothique des anges aux ailes déployées)…
Le style se veut transparent, retranscription documentaire de ce qui se dit ou se passe. Le livre se compose essentiellement de dialogues, comme pris sur le vif, syllabes mangées comprises, négations et subordination absentes (« par’emple », « je suis pas sûre c’est bon »). On est entre les murs d’un petit théâtre dont le narrateur est un acteur et un metteur en scène parfois pris en défaut.
Il ne s’agit pas ici d’étudier les personnages, mais de les écouter parler et de les peindre d’un trait : Hinda ressemble à il ne sait plus qui, Sandra est en permanence branchée sur plusieurs centrales électriques, les cernes de Gilles le prof de maths s’allongent au fil de l’année, Bastien grignote des biscuits aux récréations.
Deci delà une formule : « J’avais mal dormi, ils dormaient. »
Ce que le livre restitue bien, c’est l’aspect répétitif de la vie scolaire : surveiller du coin de l’œil l’élève retenu à la fin du cours, suivre à chaque rentrée de vacances le même chemin, pour retrouver le même élève à la traîne qui demande à changer de classe, affronter sans fin le même petit caïd qui suit d’un pas traînant le prof au bureau du principal… et mal dormir…
Les scènes de classe montrent un professeur nuancé, qui manie l’ironie et l’humour mais parfois s’agace et choisit injustement une cible ; petits arrangements pour éviter aux élèves Chinois qui parlent mal français d’être obligés de lire leurs exposés maladroits devant toute la classe, pour détourner l’attention d’élèves venues lui reprocher ses moqueries. Tricheries immédiatement remarquées par les élèves, public extrêmement exigeant. L’année scolaire est une succession de minuscules affrontements, de grands éclats et de trêves (je vous laisse découvrir le feuilleton des pétasses).
Le ton oscille entre humour et gravité, lorsque la politique s’introduit entre les murs et que la mère d’un élève chinois est menacée d’expulsion.
Une bonne surprise, donc, qui laisse la même impression qu’une année scolaire : douce-amère, pleine de nouvelles têtes qu’on n’a pas forcément le temps (ni l’envie) de bien connaître.
Cliquez sur l'image si vous voulez lire le début de la controverse sur les "pétasses"...
Commentaires
Faisant partie du public récemment retourné "entre les murs", je vais suivre ton conseil de lecture de circonstance.... tout en me demandant ce que révèle mon code vestimentaire et si je suis la première à m'envoler hors des salles de réunion ! Rose, ton blog est très agréable !
Merci, elphy, et bienvenue entre ces murs-ci ! Le roman va te faire sourire ; quant aux codes, si tu officies entre les murs, je suis sûre que tu les connais déjà !
Hmm et j'imagine que c'est pire dans certaines banlieues... En tant que future prof, je ne sais pas si j'aurai le courage de lire ce livre avant de passer les concours... :)
Tu devrais, je t'assure, pour savoir dans quoi tu t'engages ! Mais surtout parce que le livre est plutôt une comédie ; il y a des passages où le narrateur dit -assez pudiquement- sa lassitude, mais le livre se finit sur une scène assez apaisante et la relation entre le prof et ses élèves est complexe et attachante.
Ce qui manque a l'éducation
Cela m'intéresse maintenant de lire ce livre que je viens de découvrir sur les infos, suite au Festival de Cannes 2008 qui a attribué la Palme d'Or au film avec le même titre (que j'espère voir dès que possible aussi). J'ai trouvé ce blog lors de ma recherche de commentaires sur le livre.
J'ai été complètement déconnecté du réel de la vie dans les écoles en France, ayant vécu aux Etats-Unis depuis 24 ans. Je suis pourtant très intéressé à l'éducation en général.
L'éducation doit répondre aujourd'hui à de nombreux défis : découragement des enseignants, doutes ou démission des parents, manque de concentration ou frustration chez les élèves. En ultime analyse, les problèmes actuels de l'éducation ont leur source dans un système qui privilégie l'acquisition de connaissances intellectuelles et néglige l'épanouissement du génie créateur des enfants et adolescents.
Par tradition, l'éducation s'est attachée essentiellement à ce que les étudiants étudient - l'aspect objectif de la connaissance - sans développer systématiquement le fondement subjectif de la connaissance, la conscience de l'étudiant. C'est pourtant la qualité de sa conscience, de son attention, qui détermine son degré d'intelligence, de créativité, de confiance, de calme intérieur et de motivation - des qualités fondamentales pour l'éducation.
La recherche scientifique a confirmé que ces qualités se développent grâce à la pratique de la technique de Méditation Transcendantale (MT) qui éveille un fonctionnement global du cerveau, par l'expérience d'une pleine conscience. Cette technique très simple et naturelle est recommandée par l'Education fondée sur la conscience (EFC), déjà utilisée par de nombreuses écoles à travers le monde, dont le but est de combler un manque universel de l'éducation partout dans le monde. L'EFC utilise des techniques permettant l'élargissement naturel de la capacité consciente des étudiants, et des principes interdisciplinaires permettant, à tout âge, de comprendre l'unité fondamentale des différentes disciplines du savoir.
La connaissance implique toujours trois aspects : le connaisseur (la conscience de l'étudiant), le connu (le domaine d'étude) et le processus d'acquisition de la connaissance (qui relie le connaisseur au connu). L'éducation moderne est centrée essentiellement sur le connu, les matières étudiées, les informations contenues dans les différentes disciplines scolaires que les élèves sont tenus d'acquérir (mathématiques, français, sciences naturelles, etc).
Ce qui manque, c'est un moyen pratique pour développer le connaisseur, pour préparer les étudiants à une intégration aisée et complète des connaissances. Quand les élèves, ou les professeurs, sont fatigués ou stressés, l'apprentissage est rendu automatiquement plus difficile. Les écoles n'offrent aujourd'hui aucun moyen pour développer ce facteur essentiel à la réussite éducative qu'est la clarté de l'esprit, la qualité de l'attention ou de la conscience des étudiants.
Par l'usage d'une technologie systématique pour dissoudre les stress et les fatigues profondes--la technique de méditation transcendantale--l'EFC optimise le fonctionnement cérébral , favorise le bien-être intérieur et la pleine créativité des étudiants comme des enseignants. Le processus d'acquisition des connaissances. est rendu plus agréable, plus relié à la vie personnelle des étudiants et plus satisfaisant.
Ceci a été mon experience dès que j’ai commencé à pratiquer la MT en Novembre 1979, durant ma derniere année d’études à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers (ENSAM, Paris). En fait, cette pratique quotidienne m’a aidé à améliorer mes capacités d’apprentissage et à développer ma créativité à l’ENSAM d’une manière tellement positive que j’ai decidé, en 1984, de joindre le programme de Doctorat en Physique Quantique à l'Université Maharishi de Management (UMM) Fairfield, Iowa, Etats-Unis (http://www.mum.edu), afin d’approfondir mon experience de l'Education fondée sur la conscience.
Cet établissement fondé en 1972 est accrédité du jardin d'enfants au doctorat par le North Central Association of Colleges and Schools. L'UMM accueille des étudiants du monde entier et joue un rôle de pionnier dans le développement de l'EFC à tous les niveaux de l'éducation. Elle est réputée notamment pour ses recherches d'avant-garde dans les domaines de la physique quantique, du développement de la conscience et de la médecine naturelle. Les élèves de l'Ecole Maharishi (niveau primaire et secondaire) ont remporté de nombreux prix dans les domaines les plus divers et font année après année des résultats exceptionnels aux tests standardisés nationaux (mes 3 enfants Aurélien, Nicole et Narayana, en ont aussi été les heureux bénéficiaires).
Je viens juste de trouver un site web en francais, dont je recommende la lecture à toute personne intéressée à se renseigner plus sur l'EFC (www.education-conscience.org). Le site a pour but de faire connaître l'Education fondée sur la conscience dans les pays francophones. Il présente une information succincte mais complète sur le sujet, ainsi que des formations et ressources à l'intention des établissements scolaires, des enseignants, des parents et des étudiants.
Je suis également disponible pour répondre à toutes questions personelles concernant mon experience de l'Education fondée sur la conscience. Vous pouvez les poser à l’un de mes sites web: AskDrClaude.com ou UnconditionnalFreedom.com (veuillez mentionner cet article).
j'ai lu ce livre aussi, mais j'en ai gardé une impression plus mitigée que la tienne. J'ai découvert un peu sans doute de ce qui se passe entre les murs ( je ne suis pas à l'éducation nationale) mais mes enfants ont tous été en classes ZEP de la maternelle au collège,ma fille, la plus jeune, y est encore, en troisième...
Nous naviguons entre fantasme et réalité (les parents), et n'avons pas vraiment idée du quotidien d'une classe, vu du côté du professeur. Mais ce livre m'a laissée dans une grande tristesse, parce que je le trouve très désespéré.
L'attitude du prof, bien qu'elle ait le mérite d'être dépeinte avec sincérité m'a parfois exaspérée...
Pour être honnête, je m'attendais à ce que ce soit "pire", aussi étais-je raisonnablement enthousiasmée par le roman. Ce n'est pas un livre aimable, la description des profs est je trouve vraiment caricaturale, par contre cette sorte d'étanchéité entre l'univers des enseignants et celui des élèves me semble bien rendue, ainsi que le caractère un peu "mécanique" d'une année scolaire. Ce qui n'est pas très encourageant, je te l'accorde ;)
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=348054&pid=6157768
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

