Théâtre sans animaux… ainsi s’intitulent huit courtes "pièces facétieuses" de Jean-Michel Ribes. Sans animaux ? pas sûr. Du coiffeur qui rêve d’être goéland aux visiteurs de musée nostalgiques devant notre ancêtre la carpe, du frère qui a tout appris dans les livres sur les sentiments au descendant d’un violeur de président des USA qui se sent pris de pulsions sadiques quand le nom de son ancêtre  (Bob) est employé, on se retrouve dans ces pièces en bien étrange compagnie.
Qu’est-ce qui fait l’homme, nous demandent ces petites comédies ? Peut-on finir par devenir plus intelligent que son frère ? Qu’est-ce qui pousse les hommes à marcher, à conduire, à sortir les vaches ou à stocker des hydrocarbures ? Peut-on encore avoir une révélation mystique ?
Dans la lignée de Ionesco ou Sarraute, c’est aussi le langage qui est mis en question, que les prénoms ne permettent plus de révéler une identité ou qu’un « bravo » à adresser à une comédienne se charge de significations diverses et finalement opposées. Et même la culture, puisque Phèdre peut causer des ruptures et la visite intensive de musées entraîner de terribles régressions.
Ma préférence va à la « tragédie » du bravo à la construction parfaite ; et aussi à « Dimanche » qui commence par un événement superbement absurde : imaginez qu’un stylo-bille géant vienne, un dimanche matin, se ficher dans le plancher de votre salon…