aya

Aya vit à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan à la fin des années 70. Elle a presque vingt ans, un père cadre dans une fabrique de bière, une mère guérisseuse et deux copines délurées, Bintou et Adjoua. Autour d’elles trois, les garçons tournent : Moussa le bon parti, Mamadou le beau gosse, Hervé le lézard, sans parler des pères des unes et des autres, car Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, la scénariste et le dessinateur, nous restituent une Afrique chaleureuse et fêtarde : à Yopougon on va danser, draguer, gazer au « ça va chauffer », bouger son « tassaba » ou retrouver son amoureux sur la place du village appelée aussi « l’hôtel aux mille étoiles »…
L’héroïne Aya est la plus sage et la plus sérieuse, un peu trop parfaite (et rabat-joie) pour qu’on s’y attache vraiment (sa façon hautaine de repousser le cousin Hervé qui lui lance des regards énamourés est un peu déplaisante).
Mais le charme opère cependant grâce aux dialogues truffés d’expressions imagées, à la syntaxe particulière :
« Tu crois que quoi ? que c’est toi seule qui as la cervelle de tout le quartier pour parler gros français compliqué ? » (autant pour Aya, non mais).