19 janvier 2009
Comment résister à un vampire ?
La meilleure solution paraissait être de s’en tenir à l’écart.
Malheureusement, depuis la sortie de Twilight au cinéma, ils pullulent et vos amis brandissent sous vos yeux de volumineux exemplaires des premiers épisodes, tandis que des êtres au visage un peu trop pâle de papier glacé vous jettent des regards faussement profonds à chaque arrêt de bus.
…
Une fois le livre en votre possession, vous jetez un œil au premier chapitre ; lorsque vous levez les yeux, plusieurs heures ont passé (les prédateurs ont sur leurs proies un pouvoir irrésistible, vous venez justement de l’apprendre dans le roman).
…
Vous connaissez l’histoire ? Bella… Forks (bof) où son père est policier… Mike, Eric et les autres (tiens, personne n’a parlé de ses garçons ni des insipides Jessica et Angela dans son compte-rendu de lecture)… Et là, en cours de biologie (coup de foudre), Edward ! … visage marmoréen, corps sculptural, main froide comme la pierre (attention, ces métaphores reviendront plus souvent qu’à leur tour !)… oui, mais ténébreux… (Bella pourrait faire siens les vers de Louise Labé « Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie, / j’ai chaud extrême en endurant froidure »)… mais finalement très très rassurant comme amoureux…
…
Curieusement, ce qui m’a vraiment frappée à la lecture de Fascination de Stephenie Meyer, c’est la parenté de structure entre ce premier volume et les premiers épisodes de l’autre série culte, Harry Potter. Dans les deux cas, le roman raconte d’abord la vie ordinaire de nos héros, en brossant efficacement le portrait de quelques personnages secondaires plutôt plaisants, comme les prétendants éconduits par Bella ou le père dépassé. La vie s’écoule avec une régularité presque cauchemardesque (pensez donc, Bella a tous les jours le même emploi du temps : littérature et langue vivante le matin, cantine, puis biologie et sport ! Et en passant : quel est ce pays de pollueurs où tous les élèves viennent au lycée en voiture ? Les transports scolaires n’existent pas, à Forks ?). Puis elle prend une autre saveur (celle du sang) à mesure que croît l’attirance pour et bientôt l’intimité avec le plus beau garçon du lycée : le magnifique Edward Cullen (sculptural, marmoréen). Nous voilà projetés dans un univers parallèle (pas si éloigné que ça de celui des sorciers) dont nous découvrons les lois avec l’héroïne, en même temps que l’histoire des personnages, les règles de leur sport préféré, leur ambiguïté essentielle (un vampire peut-il jamais être tout à fait bon ?) et leur relation compliquée avec l’humanité (qui m’a fait penser à l’atttraction-répulsion qu’exerçaient les Moldus). Pour finir, un peu d’action (pas la partie la plus intéressante), l’héroïne (comme le petit sorcier) affrontant le Mal en rassemblant tout son courage, protégée par une garde rapprochée exceptionnelle (mais dépassée).
…
Est-ce à dire que je n’ai pas été très emballée ? si, bien sûr. J’ai bien aimé cette héroïne maladroite et solitaire (même si l’évocation des contre-prouesses sportives de la demoiselle répond avec une exactitude de métronome aux descriptions du torse musculeux d’Edward et de ses prunelles revolver), j’ai bien aimé les palpitations hyperboliques des amoureux (quand elle ne tombe pas, Bella frôle la crise cardiaque, ce sont ses deux activités principales), j’ai bien aimé surtout les chapitres où ils s’apprivoisent et où sont dépeintes les affres de l’adolescence et la naissance de l’amour.
Si le début du roman est placé sous le signe de Jane Austen et de ses séducteurs glacés, Bella et Edward réunis ont un petit quelque chose de Juliette et Roméo, cette première nuit interminable et clandestine où ils échappent à la surveillance du naïf Charlie. Désir et mort réunis en un seul amant, et puis le lendemain le retour à la réalité, au monde extérieur dans lequel ils ne peuvent pas s’aimer…
Même si elle est un peu trop bavarde pour moi, cette série est vraiment plaisante. La suite !
Commentaires
J'avoue mettre totalement laissée prendre au jeu :) jolie impression de retomber en adolescence !
Le tome 2 est moins captivant mais on se rattrappe au tome 3... Le tome IV reste en supens dans ma bibliothèque, en anglais pour corser un peu ma lecture.
Belle journée, Rose (il pleut... brrr)
Mais est-ce que tu es allée voir le film ? Imagine quelqu'un qui aurait vu le film mais pas lu la série. Est-ce que ce quelqu'un peut se dispenser de la lecture selon toi ? Naturellement une quelconque ressemblance avec une personne réelle serait pure coïncidence...
Perso...
C'est tout l'inverse : je suis resté hermétique à la série : personnages caricaturaux sans profondeur psychologique, histoire mièvre à souhait, pas mal de longueurs, bref tout sauf de quoi mériter le gros battage médiatique actuel, que la série est très loin de valoir.
Rendez-nous Dracula, Varney, Carmilla et les autres !!!
Héhé, tu as le don de relever ce que personne n'a noté ! C'est amusant :) Et je préfère Louise à Bella, est-ce grave ?
Lily : j'avais décidé de lire la série en anglais aussi (une sorte d'alibi linguistique pour cette lecture pas franchement indispensable ;))... mais mes résolutions sont tombées ! c'est une lecture rapide, plaisante et drôle...
Levraoueg : je ne peux hélas pas porter secours à cette personne imaginaire car je n'ai pas vu le film et ne compte pas le faire. Si j'en crois les articles parus ça et là, la série est plus convaincante que le film. Peut-être cette personne peut-elle se lancer directement dans le tome 2 ?
Vladkergan : je suis bien consciente des faiblesses de la série ; les émois des protagonistes sont surlignés, l'Edward de la deuxième partie du livre perd beaucoup de son charme, la fin est assez invraisemblable (soudainement les prédateurs se changent en saint-bernards...).
Je crois que le vrai problème est que cette série a un public ciblé : c'est un roman pour filles (alors que Harry Potter visait un lectorat plus large). J'imagine que les atermoiements de Bella et la distinction pleine de délicatesse d'Edward doivent paraître bien fades au lecteur masculin.
Mais si on la considère comme un roman d'adolescence (avec ses clichés), une projection du fantasme féminin de l'homme dangereux, inaccessible et chevaleresque cependant, elle se lit sans déplaisir.
J'aime bien cet article sur le film (l'analyse du dernier paragraphe s'applique aussi au livre, à mon avis, en tout cas au tome 1 : http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/critique/twilight)
Praline : oui, je sais, je ne suis pas une grande romantique ;) Et sinon, qui est cette Louise ? aurais-je manqué un épisode ?
Louise Labé, non ?
Oups, je me faufile... Mais parce que j'ai tellement souri à lire ton billet.
Tu quoque, Rose !!!! ;o))
Comme quoi je suis complètement obnubilée par Fascination, je croyais qu'il s'agissait d'un personnage pas encore apparu dans le tome 1 !! (Car oui, Clarabel, j'ai résisté, résisté, mais cette contagion n'épargne personne ;))
Comme plusieurs, j'ai été happée sans trop comprendre pourquoi, étant donné que les faiblesses du roman me sautaient aux yeux... mais j'ai quand même dévoré tous les tomes!! Bizarre bizarre!
le premier volume de ce bouquin est dans la chambre de ma fille...
Elle ne semble pas si enthousiaste que ça...
J'espérais la voir accrocher "grave" après tous les billets lus sur la blogosphère...
Je tenterai mon entrée dans cette série plus tard...
@Karine : même effet sur moi :) (mais je cale un peu après le tome 2)
@Sylvie : toutes les ados de mon entourage sont sous influence en ce moment, la tienne résistera-t-elle ? ;)
Bon, je passe... je n'ai pas encore été atteinte et reste sur le bas côté, j'attends tes suites pour voir!
A vrai dire, on m'a prêté le 3e tome mais je ne ressens aucune impatience... tout en sachant qu'une fois dedans je le lirai en deux jours.
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=348054&pid=12139709
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
