Dans Passion simple, Annie Ernaux raconte comment pendant quelques mois, elle a aimé passionnément un homme. Un amant qui s’il partage son désir ne partage peut-être pas sa passion, un étranger dont elle n’aimerait peut-être pas les travers s’il n’avait pas une aura exotique, un diplomate marié sur l’emploi du temps duquel elle n’a aucune prise : il lui annonce ses visites au téléphone, quelques heures avant de venir. Et elle vit dans l’attente. Une attente qui génère toutes sortes de superstitions pour contrer le manque, l’angoisse. La passion apparaît comme une obsession avilissante, tout en étant un degré d’existence supérieur, plus pur, plus absolu.
L’écriture blanche est d’une froideur paradoxale pour dire l’obsession et la sensualité. Mais en même temps, c’est bien une passion « simple » que dissèque Annie Ernaux : ce n’est pas la fusion du couple qu’elle étudie, mais l’exaltation et la souffrance de celle qui aime et est crucifiée.

passion_simple« Quand j’étais enfant, le luxe, c’était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de la mer. Plus tard, j’ai cru que c’était de mener une vie d’intellectuel. Il me semble maintenant que c’est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme. »

Un conseil de lecture de Levraoueg.