21 mars 2009
L’infâme prêtre d’Isis et le volcan (sous la cendre de Pompéi – 3)
Il semble que le sanctuaire d’Isis retrouvé à Pompéi ait fasciné les visiteurs des XVIIIe et XIXe siècles : Mozart s’en inspire pour le décor de la flûte enchantée, Nerval lui consacre une nouvelle dans laquelle il rend compte du culte à la déesse et raconte sa visite à Pompéi, qu’il ne voulait pas voir gâchée, lui, par la compagnie pédante d’un « cicerone ».
Dans « Les derniers jours de Pompéi » d’Edward Bulwer-Lytton, la perspective est tout autre : le prêtre d’Isis, Arbacès, est le grand méchant, celui qui initie à d’inquiétantes orgies, qui officie entre la statue d’Isis à la « raideur hiératique » inquiétante, celle d’un « équivoque et énigmatique Bacchus », et d’autres représentations perverses, hérissées de griffes, de becs et de cornes. Il convoite la jolie jeune femme désirée par le héros et finit même par l’enlever.
C’est là qu’intervient le volcan : éminemment moral, le Vésuve empêche la souillure d’Ione et un bouleversement cosmique vient punir et arrêter l’infâme Arbacès. La terre tremble (c’est le tremblement de terre de 62, qui causa d’importants dégâts à Pompéi) et le Mal est terrassé.
Terrassé ? non, car l’infâme Arbacès n’a pas dit son dernier mot. Heureusement, le Vésuve veille…
Si je vous gratifie d’un résumé aussi naïf, c’est que mon édition l’est éminemment.
Dans mon édition, le héros est décrit ainsi : « Glaucus était riche ; il était beau, jeune et noble ; son esprit était vif, son cœur ardent, mais aucune ambition ne le dirigeait. » Le chapitre suivant s’ouvre ainsi : « Le lendemain de ce banquet, Glaucus constata qu’il n’était pas heureux. »
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le raffinement stylistique, la finesse psychologique n’irradient pas ces passages de leur lumière aveuglante.
Il faut dire aussi que ce volume, trouvé chez un bouquiniste, arbore cette somptueuse couverture :

Les statues aux traits idéaux évoquent une Antiquité figée pour toujours ; quant au Vésuve denté vomissant des flots de sang, comment dire ? il est d’un goût terriblement douteux.
En faisant quelques recherches dernièrement, mes yeux se sont soudainement décillés : ce que j’ai lu (avec une certaine passion car l’histoire est tout de même palpitante) est une adaptation (pour jeunes lecteurs) d’un roman assez érudit ; Bulwer-Lytton cite à plusieurs reprises le travail de l’un de ses amis, William Gell, qui connaissait très bien le site, et il mêle à son intrigue des passages informatifs. Et il situe les péripéties de son roman dans des lieux réels : Glaucus le héros vit ainsi dans la petite mais confortable maison dite « du poète tragique ». Il faudrait donc que je me procure une édition plus complète de ce classique dont je garde quand même un excellent souvenir !

Commentaires
Il me semble que je l'avais lu dans la bibliothèqe verte... j'avais adoré, mais j'avais douze ans, je n'étais pas gênée par le style!
La couverture, c'est en effet quelque chose!!! Ca m'est déjà arrivé aussi, de lire un classique "adapté" et de ne le réaliser qu'après... j'étais frustrée!!
Comme quoi, il faut toujours se méfier des simplifications pour jeunes lecteurs... je suis sûr que dans le texte tu prendras encore plus de plaisir... affreuse couverture qui ne m'aurait pas donné envie même toute jeune!
La couverture me fait rire, en même temps, mais elle est si éloignée du raffinement du texte de Bulwer-Lytton que j'ai découvert depuis !
Je me souviens qu'une instit avait tenté de nous faire lire les derniers jours de Pompéi en CM2...
Le vésuve et Pompéi m'ont marquée, disons ont fortement marqué mon imaginaire...
Mais ce que tu dis sur cette adaptation me titille. je vais aller voir les adaptations disponibles à la bib, et peut-être l'enrichir, chercher comme toi l'édition complète et me lancer dans la lecture... De cette histoire que je connais sans l'avoir vraiment lue... enfin je crois que nous faisions des lectures à haute voix chacun notre tour... vois un peu ce qu'il peut en rester... un peu quand même, la preuve!
oui, c'est un petit travail qui me tente et qui sera peut-être un jour un billet!
J'ai du voir une adaptation en film aussi non ? si! à rechercher!
Bonne exploration ! ce roman appartient aux classiques de la littérature de jeunesse, mais c'est un peu comme les "Gavroche" ou "Cosette" que je trouvais aussi dans les rayonnages de l'école, à l'origine il y avait un volume bien plus touffu...
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=348054&pid=13061323
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
