Lily Love Peacock ne trouve aucune saveur à sa vie de mannequin, à ses voyages autour du monde, à sa romance avec un garçon superficiel. Elle rencontre Ruby, une coiffeuse qui joue dans un groupe de rock. Elle se retrouve grâce au chant, et accessoirement en renouant avec ses racines familiales à la mort de son père (installé en Afrique où Lily a passé son enfance).
La BD de Fred Bernard ne manque pas de générosité (la création, l’art contre la stérilité des images de papier glacé, l’amitié et l’amour contre la solitude du monde moderne, l’Afrique contre les gratte-ciel, la prise de conscience politique contre le repli sur ses petites angoisses) et d’une certaine audace graphique (pas mal de scènes surréalistes plongeant dans les rêves de l’héroïne), mais l’ensemble reste assez convenu, dans sa générosité même. Dommage.

Je l’ai lu après Kiki de Montparnasse, deuxième volet d’une sorte de diptyque « BD française / itinéraire d’une chanteuse », et j’ai passé ma lecture à osciller entre les deux œuvres : la construction est plus audacieuse (un flash-back) – oui, mais l’univers de Kiki avait quelque chose de franchement joyeux et de pittoresque (tous ces grands peintres et leurs manies !) alors que le désespoir chic de Lily sonne un peu toc.

Au final, il y a match nul ; il s’agissait aussi d’échapper à l’atmosphère étouffante de La Route (de Cormac MacCarthy) – c’est fou le nombre de livres que j’ai lus pour ne pas me faire trop mal sur cette Route !


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