25 juin 2010

Un an

Un curieux Echenoz (un auteur que je n’avais jamais lu) : Un an raconte l’errance de Victoire, de Paris qu’elle quitte en février à Paris qu’elle rejoint en stop presqu’un an après. Entretemps, elle a perdu son argent et découvert le quotidien des exclus de la société. Curieux roman par ses personnages : Victoire s’en va, sous le coup d’une culpabilité vague (elle s’est réveillée aux côtés de Félix mort, et ne peut s’expliquer ce qui lui est arrivé), et porte un prénom bien étrange pour une héroïne qui sombre ; le roman est... [Lire la suite]
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22 mai 2010

Adolescences

Dans Skim,L’héroïne ressemble à un tableau de Foujita, chat dans les jambes mais mollets dodus Les profs de lettres disent des choses folles et font expérimenter les amours impossibles Les filles veulent devenir sorcières l’amour vous transforme – ou vous tue Les reines du lycée peuvent devenir des outsiders Les vrais Roméo et Juliette, ce sont une fille amoureuse de sa prof et un garçon qui aime son copain d’entraînement C’est très joli de se décolorer les cheveux Skim = un peu barré dans son genre mais super... [Lire la suite]
16 avril 2010

Enquête vite expédiée

Le début de Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary (Philippe Doumenc l’a tuer) commence de façon abominable : par une sorte de « previously on Madame Bovary » (la semaine dernière madame Bovary a été repoussée par tous et est menacée par le cruel Lheureux ; que va-t-elle devenir… ) mâtinée de « cinq dernières minutes » rapport aux policiers pépères qui apparaissent, chargés d’une enquête abracadabrante (aucune trace de meurtre sur la divine Emma, mais puisqu’elle présente quelques ecchymoses et qu’elle a beuglé « assassinée »... [Lire la suite]
25 octobre 2009

« Je suis la maladie d’un mort »

J’appris que Chloé Delaume avait écrit un court « rapport sur Boris Vian », intitulé (de façon un peu moins virtuose que d’habitude) Les Juins ont tous la même peau (référence au mois de la mort de Vian et du crime familial auquel assista la romancière). On se rappelle peut-être que l’an dernier j’avais relu l’Ecume des jours et y avais retrouvé un peu des rêves et des angoisses de l’adolescente que j’étais lors de ma première lecture. Or c’est à ce roman que l’écrivain doit son prénom de fille-nénuphar. Comme beaucoup de lecteurs de... [Lire la suite]
16 octobre 2009

Tombeau, place vacante

Patoumi ne pouvait être de mauvais conseil. C’est à cause de son billet (et à cause de celui de Samantdi, auteure d’un blog très attachant que je lis en secret - depuis une éternité) que j’ai lu pour la première fois Chloé Delaume : J’habite dans la télévision.Et voilà que je tombe, au détour d’un rayon de ma bibliothèque-chapelle, sur Dans ma maison sous terre, le dernier roman d’elle, un conte noir où une fille (sombrement accompagnée de Théophile) déambule entre des tombes, piochant sa propre histoire dans ces lits de cadavres. Une... [Lire la suite]
02 août 2009

Ce qui se passe là-dedans (dans la télé)

La nuit je suis Buffy Summers, J’habite dans la télévision… Chloé Delaume a des titres accrocheurs. Lundi dernier, elle expliquait dans l’émission « Un été d’écrivains » l’importance de ces titres lorsqu’elle se lançait dans une expérience littéraire. Car elle insistait sur le caractère expérimental de ses « romans », bien différents des fictions auxquelles nous pensons traditionnellement lorsqu’il est question de roman. Des propos intrigants qui m’ont poussée à me plonger dans « J’habite dans la télévision », acquis récemment après... [Lire la suite]

04 juillet 2009

Repas dominical – Nouvelle soirée canaille au Café Riche (Bel-Ami porte-t-il bien son nom ?)

Il est toujours amusant de retrouver dans un roman une scène qu’on a déjà lue ailleurs : ainsi Bel-Ami témoigne-t-il de la vogue durable du Café Riche où, cette année, j’ai déjà suivi Renée et Maxime, les amants scandaleux de la Curée d’Emile Zola (roman publié en 1871, tandis que Bel-Ami date des années 1884-85). Souvenez-vous : c’est un restaurant où les riches bourgeois amènent leurs maîtresses (des cocottes) pour des soupers fins dans de petits cabinets particuliers. Dans La Curée, Renée y entre cachée sous un grand... [Lire la suite]
24 mai 2009

L’œil du corbeau, noir, vide

Il y a quelques années, le vendredi soir, Sophie Loubière rejoignait des personnalités dans un restaurant de leur choix et recevait leurs « confidences à la carte » sur l’antenne de France Inter. On entendait le cliquetis des couverts, le brouhaha des conversations derrière les dîneurs qui nous racontaient leurs plats, et aussi leurs carrières. C’était intime et souvent passionnant.Aussi me suis-je plongée avec enthousiasme « Dans l’œil noir du corbeau », le dernier polar de Sophie Loubière, qui proposait un cocktail appétissant. Des... [Lire la suite]
29 mars 2009

Organisez un souper canaille - repas dominical 30

Imaginez que vous vivez au XIXe siècle, sous le second Empire. Votre mari, plus âgé que vous (et assez mal fait de sa personne, même s’il faut lui reconnaître une certaine énergie – cet homme est une volonté) est un spéculateur qui brasse des millions, et vous passez votre temps en promenades, visites chez le couturier à imaginer la robe la plus originale (autant dire souvent la plus indécente), et commérages avec vos amies du couvent (comme cette époque vous semble lointaine !).D’abord enivrée par vos succès, vous commencez à... [Lire la suite]
11 mars 2009

La morte amoureuse (sous la cendre de Pompéi - 1)

De nos jours, on ne se promène dans les rues de Pompéi que dans la journée. Et parfois, on a envie de commander quelques olives et un petit pain à l’huile au comptoir d’un thermopolium, ou de se reposer à l’abri du soleil dans un jardin somptueusement décoré… il semble que le cours du temps s’inverse, et que des voix sans visage chuchotent en latin derrière les colonnes.Alors imaginez ce que ce doit être de nuit…Car au XIXe siècle, les jeunes romantiques qui faisaient le voyage d’Italie rejoignaient Pompéi en train puis se logeaient... [Lire la suite]