10 avril 2011

Proust et Apollinaire – Que la guerre est jolie

Lus cet hiver, les Calligrammes d’Apollinaire s’extasient sur les feux du front qui transforment le paysage en un territoire féérique ; il y voit des joyaux des profondeurs de son « palais du tonnerre », des femmes à la beauté éclatante, des signes « comme les lettres d’un livre », ils sont le journal d’un amour cosmique ( ce qui n’exclut pas la distance ironique du soldat bien conscient de ces braises venues rôtir le corps humain pour la terre anthropophage).

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Dans le Paris de la même guerre, le narrateur de La Recherche évoque aussi des constellations nouvelles se mêlant aux étoiles, une lumière qui transfigure la ville et la change en ville orientale, comme si les citadins étaient plongés dans l’univers des Mille et une Nuits. C’est la lumière moderne des appareils photos capturant la beauté des monuments de Paris menacés.

Posté par rose_a_lu à 18:10 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Proust et Apollinaire – Que la guerre est jolie

    Julien Gracq décrit beaucoup la guerre lui aussi.Comme un spectacle,voire un décor, parfois fascinant, souvent désespérant, en tout cas toujours générant une belle tension dramatique. C'est même une constante dans certains de ses romans, le Balcon en forêt, le Rivage des Syrtes.
    Il a surtout connu la seconde guerre mondiale, mais il évoque aussi bien la première, quand ce n'est pas une guerre mythique...

    Posté par dominique, 11 avril 2011 à 19:33 | | Répondre
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