Parmi les petits plaisirs du retour à la maison, il y a celui d’écouter le soir « Un été d’écrivains » sur France Inter. Je me désole d’avoir raté tant d’émissions début août. Je suis rentrée pour entendre Abha Dawesar, dont je projette depuis longtemps de lire le roman Babyji (car la demoiselle est un écrivain capricorne). Lundi c’était Alice Ferney qui lisait un extrait de son roman de la rentrée avec une voix précise d’écolière et qui a répondu de façon assez touchante à la question « Pour qui écrivez-vous ? », en évoquant une sorte de pacte avec son mari auquel elle avait confié son désir d’être écrivain.
***
Trouvé sur une table de salon, pendant les vacances, l’ouvrage de Michel Pastoureau Les couleurs de notre temps est instructif et plaisant à feuilleter : on y apprend par exemple que la gradation menthe verte « douce », menthe bleue « forte », menthe « glaciale » blanche peut être renversée, tous les pays n’ayant pas la même représentation colorée de cette « force » mentholée ; que le papier toilettes le plus chic est blanc et que la colorisation en pastel dudit PQ amène à dévaloriser certaines couleurs ; qu’on ne se lave jamais si proprement que dans une salle de bain blanche ; que la langue verte est fort peu colorée mais que l’ivresse, elle, s’évoque par les couleurs, même si on peut être gris, noir ou bleu selon les langues ; que l’orange n’est beau que dans la nature, mais que pour sublimer une couleur, on peut la parer d’un nom métaphorique, parce qu’on voit aussi les couleurs avec les mots et l’imagination (divine poésie des nuanciers).