Dans Diamond Head de Setona Mizushiro, on retrouve une figure androgyne chère à la mangaka, figure qui faisait tout l’intérêt de L’Infirmerie après les cours. C’est Raïka, un lycéen aux superbes cheveux longs. Sa beauté étrange lui donne un statut presque divin, qui se concrétise par sa fonction de juge dans le club judiciaire dont il est l’un des trois membres éminents.
raikaA la fin du premier volet, les limites de cette perfection ambiguë commencent à être évoquées, mais, dans le premier tome, celle-ci sert presque exclusivement de ressort comique à l’intrigue, à grand renfort de quiproquos. Une déception donc, car on ne retrouve pas le charme trouble et nostalgique des autres séries de Setona Mizushiro, L’Infirmerie donc ou encore X-day.
Ce premier tome raconte l’intégration au club judiciaire de la jeune Nanao, fraîchement intégrée dans l’école Saint Mehabiah, et trois procès plaidés par le fameux club. Le premier est intenté par Nanao elle-même, lasse des brimades de ses camarades jalouses, et ne sert que d’introduction à la série. Le deuxième repose sur un renversement de perspective, mais l’enquête est tout de même très convenue et la « morale » peu révolutionnaire. Le dernier est plus drôle, d’autant que s’y révèle le snobisme de Kirihiko Tono (mon personnage préféré), persuadé que pour être élu comme le meilleur club du lycée, il faut proposer aux votants des divertissements correspondant à leurs goûts médiocres. Le procès porte sur l’origine d’une tâche de sauce tomate projeté dans un restaurant de pâtes à la bolognaise et rappelle les procès absurdes plaidés en son temps par Ally MacBeal.
Peut-être que les tomes suivants creusent les personnages ?