Ce que dit Rose

Tutti frutti etc

26 juin 2009

Falsifions, falsifions, il en restera toujours quelque chose

falsSliv, un jeune homme tout juste diplômé, trouve un emploi dans un cabinet d’études environnementales, qui s’avère, dès la première mission, être une vaste fumisterie. Mais ce cabinet cache en fait un autre organisme, le CFR, qui s’emploie à des activités tout aussi fumeuses : falsifier la réalité afin d’avoir un impact sur elle, justement, afin de la modifier vraiment et de gagner du temps sur la marche de l’Histoire.
L’idée d’Antoine Bello est séduisante et mise en scène dans Les Falsificateurs avec une certaine verve ; l’employeur de Sliv, Gunnar Eriksson, débraillé et un peu illuminé, est un personnage amusant. On nous explique très pédagogiquement comment falsifier, quelles falsifications sont vaines, et on peut lire dans ce travail un miroir de la création romanesque, patiemment élaborée, concurrente du monde réel et pouvant s’y substituer (pour les esprits les plus fébrilement littéraires). Mais l’enjeu n’est pas gratuit, puisque c’est à une relecture de notre Histoire, des années 90 à aujourd’hui que nous invite le romancier.
J’ai été surprise : la plupart des billets évoquant le roman le décrivait comme haletant ; or je me suis retrouvée noyée dans les détails de la méthode de falsification, engluée dedans même, sans que rien ne me dise d’où vient cette nécessité de la falsification… et j’ai manqué de patience. Je me suis arrêtée et la concurrence de Bel-Ami a été fatale à ces joailliers de l’ombre.
Je pense reprendre le roman un jour, mais voilà, je l’ai trouvé un peu indigeste.

Lu dans le cadre de "Masse critique" de Babelio.

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Posté par rose_a_lu à 17:17 - littérature contemporaine - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Tiens, j'étais très tentée après tous les billets positifs et voilà que tu modères mon enthousiasme !

Posté par Manu, 26 juin 2009 à 20:28

En ce moment je suis une lectrice grincheuse, peut-être les Falsificateurs et moi ne nous sommes-nous pas rencontrés au bon moment ?

Posté par rose, 26 juin 2009 à 22:11

Mais si, c'est bien, mais je reconnais que face à Maupassant, la concurrence était trop sévère!
je m'apprête à lire la suite (les éclaireurs) on verra si j'ai une indigestion...

Posté par keisha, 27 juin 2009 à 05:57

Oui, je me sens horriblement sévère, on verra si je m'adoucis au fil de l'été ;)

Posté par rose, 27 juin 2009 à 11:43

Tiens, moi aussi mon enthousiasme est modéré, maintenant... Ce qui n,est forcément pas une mauvaise chose, étant donné l'état de ma pile!!

Posté par Karine:), 02 juillet 2009 à 00:02

Bonjour rose, et bien je trouve ton billet intéressant (et moi, j'ai aimé les falsificateurs et sa suite: les éclaireurs). C'est sûr qu'à la fin du deuxième, on est peut-être frustré car on n'a pas forcément les réponses à ses questions. J'aurais aimé aussi plus de sentiments entre les personnages. Mais j'ai trouvé le style de Bello fluide. Je ne me suis vraiment pas ennuyée. Mais je reconnais que Maupassant en général et Bel-ami en particulier ne souffrent pas la comparaison. Bon samedi.

Posté par dasola, 04 juillet 2009 à 14:10

Karine : ça va, si ma sévérité apporte aussi quelques consolations... ;)
Dasola : il n'y a pas vraiment de réponse après le deuxième volume ? ... tu me décourages, là ! Sinon j'ai trouvé le style de Bello assez agréable, c'est juste qu'entrer dans les moindres détails de fonctionnement du CFR m'a paru assez ennuyeux...

Posté par rose, 04 juillet 2009 à 15:26

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