falsSliv, un jeune homme tout juste diplômé, trouve un emploi dans un cabinet d’études environnementales, qui s’avère, dès la première mission, être une vaste fumisterie. Mais ce cabinet cache en fait un autre organisme, le CFR, qui s’emploie à des activités tout aussi fumeuses : falsifier la réalité afin d’avoir un impact sur elle, justement, afin de la modifier vraiment et de gagner du temps sur la marche de l’Histoire.
L’idée d’Antoine Bello est séduisante et mise en scène dans Les Falsificateurs avec une certaine verve ; l’employeur de Sliv, Gunnar Eriksson, débraillé et un peu illuminé, est un personnage amusant. On nous explique très pédagogiquement comment falsifier, quelles falsifications sont vaines, et on peut lire dans ce travail un miroir de la création romanesque, patiemment élaborée, concurrente du monde réel et pouvant s’y substituer (pour les esprits les plus fébrilement littéraires). Mais l’enjeu n’est pas gratuit, puisque c’est à une relecture de notre Histoire, des années 90 à aujourd’hui que nous invite le romancier.
J’ai été surprise : la plupart des billets évoquant le roman le décrivait comme haletant ; or je me suis retrouvée noyée dans les détails de la méthode de falsification, engluée dedans même, sans que rien ne me dise d’où vient cette nécessité de la falsification… et j’ai manqué de patience. Je me suis arrêtée et la concurrence de Bel-Ami a été fatale à ces joailliers de l’ombre.
Je pense reprendre le roman un jour, mais voilà, je l’ai trouvé un peu indigeste.

Lu dans le cadre de "Masse critique" de Babelio.

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